LISA GIRAUD TAYLOR : L'interview d'une auteure tout en musique

Nous continuons nos interviews avec un auteur que j’apprécie tout particulièrement et avec laquelle j’échange depuis quelques années sur ses livres en cours et à venir et dont l’oeuvre me transporte toujours autant . Nous vous présentons Lisa Giraud Taylor, un auteur qui écrit tout en musique.

Lisa Giraud Taylor

Rencontre avec Lisa Giraud Taylor – Auteur

>> Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Lisa Giraud Taylor, j’ai 50 ans (cet été), je suis assistante de direction dans un centre hospitalier universitaire et parallèlement je suis principalement auteur, mais j’anime aussi des vidéos littéraires et des podcasts artistiques.

>> Peux-tu nous présenter ton métier d’auteur ?

J’écris essentiellement des romans. De temps en temps, je me plonge dans une monographie ou une biographie qui me rattache à mon Périgord chéri. Mon travail d’auteur n’est pas fastidieux car j’ai la chance de fourmiller d’idées de romans et d’écrire assez vite… la preuve, mon planning ferme de publication est prêt jusqu’à 2023 avec deux romans par an, déjà écrits.

>> Peux-tu nous présenter les différents ouvrages que tu as publiés ?

J’ai publié 11 ouvrages à ce jour.

  • Une monographie « Saint Martial Viveyrols, ancienne possession templière » qui évoque l’Histoire de mon village d’enfance et d’où est originaire une partie de ma famille.
  • Un recueil d’histoires humoristique « Les Aventures de la Smala » (tomes 1 et 2) : On suit la vie d’une famille un peu loufoque mais qui peut être celle de tous !
  • Et six romans : J’essaie d’aborder une thématique nouvelle à chaque roman afin de faire passer mon modeste message et d’offrir des personnages forts à mes lecteurs.
  1. « Liverpool Connexion » : Un roman d’anticipation, dans un monde totalitaire, avec une femme à la tête d’un groupuscule de résistance qui traverse la France avec un bien précieux et une guerre de pouvoir interne. 
  2. « Noble Semaine(s) en Famille(s) » : Une histoire d’amour mâtinée de folie, de tempête, de fantômes et autres joyeusetés, le tout saupoudré d’humour anglais !
  3. « Karl et Nina » : Premier volet du triptyque. L’histoire d’amour entre un lieutenant allemand et une jeune femme française que l’on suit de 1940 à la fin de leur histoire entre la France et l’Allemagne. La thématique évoquée dans ce volet est les relations franco-allemandes et franco-françaises pendant la Guerre.
  4. « Ein Brera » : Deuxième volet du triptyque. On suit Béatrice qui va découvrir le passé trouble de son grand-père pendant la Seconde Guerre mondiale et va devoir affronter la honte, l’héritage et la culpabilité d’un secret familial. La thématique est l’héritage et poids des secrets sur les générations futures et la collaboration de la police française dans la déportation des juifs français.
  5. « La Chute de Jan » : Troisième et dernier volet du triptyque, donc. On suit la trajectoire de la famille de Karl (de Karl et Nina), à travers la version de son cadet, Jan, qui évoque leur vie entre 1923 et 1937 et le basculement vers le nazisme d’une partie de leur famille. La thématique est celle de l’avènement du nazisme, l’impact sur la vie des allemands et les quelques résistances possibles devant le rouleau compresseur. 
  6. « The Irish Cottage » : Roman qui pose le regard sur un futur proche en Irlande, post-Brexit, avec l’histoire d’Abigail qui revient à Belfast afin d’enterrer son père et qui doit affronter le passé, les démons familiaux, et un amour de jeunesse auquel elle est liée par une promesse.
  • Enfin, j’ai participé à un recueil de nouvelles sous le titre « Les Plus Belles Rencontres sur Facebook ».
Couverture des livres publiés par Lisa Giraud Taylor jusqu’à février 2020

>> Le métier d’auteur est-il ton activité à temps plein ?

Non, malheureusement. Cela serait mon rêve mais il faut bien payer les impôts (et les livres que je lis !).

>> Comment s’organise une journée type d’écriture ?

Je n’ai pas de journée type. Tout d’abord, j’élabore mes romans dans ma tête. J’imagine l’histoire, les personnages, les scènes principales. Parallèlement, je trouve la musique qui accompagnera mon écriture, dessine les vêtements, si besoin, et les lieux. 

Mais, en priorité, si je n’ai pas le titre, je ne le démarre pas ! C’est mon système de production. Le titre engendre l’histoire complète, les noms des personnes.

Ensuite, quand j’ai 80% de l’histoire, j’entame la rédaction et là, les personnes prennent la main, m’obligent, me menacent… et au final, cela donne mes romans !

Je peux écrire le matin, le soir, le midi, sur un carnet, un bout de papier, sur l’ordinateur directement, etc. Quelque fois, si je suis en déplacement, je peux m’enregistrer en « jouant » la scène…

>> À quelle fréquence écris-tu ?

Vite. Je n’ai aucun souci d’écriture ou de page blanche. Je peux écrire un roman en deux mois, à raison de 2h par jour si l’histoire est fluide et que je ne me laisse pas influencer par mes boulets de personnages.

Par exemple, Liverpool Connexion a été rédigé en trois mois, tous les soirs, à raison de 2 heures ; d’une traite, sans rature ou rajout… 

Je ne rajoute jamais de scènes de toutes les façons ! Karl et Nina, en trois mois, Noble Semaine(s) en Famille(s) en un, Ein Brera en trois, La Chute de Jan en deux, etc.

>> Comment trouves-tu l’inspiration ?

Je n’en sais rien. Partout. Ce que je « m’impose », c’est d’aborder des thématiques qui me sont chères, avec des personnages forts, des lieux qui me touchent…

Je n’aime pas me restreindre à une seule écriture, un seul genre.

>> Les personnages de tes romans sont-ils pure fiction ou s’inspirent-ils de ton entourage ?

Ils sont purement fictifs… sauf pour « Karl et Nina » où j’ai mis quelques clins d’œil dans les personnages secondaires et « Les Aventures de la Smala » où j’ai pioché dans les histoires familiales que l’on m’a racontées çà et là.

Je n’aime pas coller à la réalité. Un roman est une œuvre de fiction… et cela laisse l’imagination gambergée…

>> Quelles sont les différentes étapes du processus d’écriture, pour toi, entre le moment où tu as l’idée d’un roman et sa publication ?

J’y pense, je le « monte » dans ma tête », je le rédige, je le lis une fois, je change une ou deux phrases (rarement plus) et je le laisse dans le tiroir. Je ne le ressors que lorsqu’il doit être publié afin qu’une correctrice le passe à son œil de lynx… et, hop, chacun sa vie… lui aux lecteurs, moi avec un autre !

>> Comment t’organises-tu ?

Comme je peux. Je ne prends pas beaucoup de notes, j’ai quelques documentations (selon la thématique) et je rédige. Je peux être dans un tout petit espace, l’important est que j’ai un minimum de silence… afin d’écouter ma bande-son créée pour ce roman à rédiger.

J’essaie d’aménager des plages de rédaction quand j’en ai besoin, quand je sens qu’il faut que je le rédige… car, comme il est déjà écrit dans ma tête, je suis juste le porte-plume !

>> Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton métier d’auteur ?

M’immerger dans un univers, avec des personnages qui suivent leurs voies, leurs aspirations, leurs arcanes (et qui me portent sur les nerfs, aussi !). 

Me plonger dans une période, dans une thématique, de laisser toutes les pièces se mettre en place…

Et, le relire, trois mois après le point final, comme ça, comme une lectrice et me surprendre !

>> Qu’est-ce qui est le plus difficile pour toi ?

Faire connaître un roman quand il est autoédité sans me fourvoyer dans la publicité mégalo.

Avec le nombre d’ouvrages qui sortent chaque année (et je parle hors maisons d’éditions), et le fait que mes thématiques ne collent pas à l’air du temps (ni feel-good, ni fantasy, ni romance – ou pas guimauve), c’est assez difficile.

>> Avais-tu des appréhensions ? En as-tu encore aujourd’hui ?

Non aucune, sinon, je pense que je n’aurais jamais sorti mes romans des tiroirs… Ce qui a failli être le cas puisque j’ai attendu 2001 pour faire lire Liverpool Connexion alors qu’il était rédigé depuis 4 ans… ne parlons pas d’un roman qui, lui, date de 1993 et qui sortira l’année prochaine en Epub !

>> As-tu une anecdote à nous raconter ?

Quand on m’a demandé si, comme à chaque fois, j’étais l’héroïne principale… Eh bien, non, je n’ai pas vocation de martyr, ni de résistante avec tête mise à prix, de nazi en puissance ou encore moins une âme de rebelle sans cause (ou avec !).

Je ne cacherai pas que, ici ou là, il y a de moi dans les personnages mais jamais dans un seul… et surtout pas les principaux…

Par contre, les lieux où se déroulent les actions, même le plus anodin, sont souvent des endroits que je connais, très bien, bien ou dans lesquels j’ai passé de bons moments.

>> As-tu des projets en cours ?

Heu, oui, comme d’habitude… Déjà, je suis sur la sortie de The Irish Cottage depuis février dernier. J’ai le projet de ressortir Liverpool Connexion en juin (l’éditeur a arrêté son activité fin 2019).

Ensuite, j’ai une planification d’un roman papier tous les mois de février jusqu’en 2024 et en juin, version électronique, pour un autre, idem, jusqu’en 2024…. 

Je pense être assez occupée… sachant que je finalise celui de février 2024, et j’ai déjà l’idée pour 2025…

The Irish Cottage – Dernier roman publié de Lisa Giraud Taylor – février 2020

>> Des conseils aux jeunes auteurs ?

De ne pas suivre la mode, l’air du temps, les bonnes ventes, les idées déjà faites, refaites en les collant à un roman ou une saga à succès.

Il faut être soi-même, créer un ouvrage unique afin de le défendre au mieux. Il faut juste de l’amour pour son histoire, ses personnages (même les plus vils !) et essayer de toucher les lecteurs. Même un lecteur heureux, c’est déjà énorme !

J’ai toujours été en marge, en décalé, sans vouloir me fondre dans la masse… et j’entends que mes romans soient le reflet exact de ce que je suis en tant qu’artiste.

>> Lisa Giraud Taylor est ton véritable nom ou un patronyme ? Si c’est le cas, pourquoi ce nom? Qu’est-ce qu’il signifie pour toi ?

Non, Lisa Giraud Taylor est pseudonyme. Je l’ai choisi il y a fort longtemps (en 1990). Lisa est un des diminutifs de mon prénom et un surnom que je traîne depuis le milieu des années 80 (grâce à un ex)… Pour les deux noms, l’un est emprunté à ma famille, l’autre à deux personnes que j’aime beaucoup… 

Je voulais un double nom franco-anglais afin de montrer mon attachement à la culture française et anglo-saxonne.

>> Depuis quand écris-tu?

Depuis mes sept ans… j’écrivais des poèmes (qu’une maîtresse a gardés !)… mais réellement, des vraies histoires (courtes au début), à onze ans. Je développais la suite des films que j’aimais et en changeais la fin…

Vers quinze ans, j’ai commencé les romans, plus longs… et en 1993, j’ai fini mon premier roman long roman…. Il attend 2021… (il est patient, le bougre !!).

Depuis, j’écris, j’écris, j’écris !

>> Quelle cible de lecteurs vises-tu?

Tous ceux qui aiment un univers complet. J’offre non seulement mon roman, mais la bande-son, un contexte, une thématique, et quelques rebondissements à chaque fois… y compris, d’après les lecteurs, des personnages masculins trognons !

Sinon, je ne vise personne car je pense que tout peut se lire… ou presque !

>> Comment est assurée la promotion de tes livres ?

La plupart du temps (sauf depuis deux ans pour raisons familiales), j’assure en salons, en librairies, etc.

Sinon, j’assure la promotion sur Instagram, Facebook et sur mes blog/site officiel. J’envoie des SP (services presse) à quelques blogueuses qui me suivent et à quelques librairies également, celles qui m’offrent un bout d’étagère !

>> Tes livres sont-ils édités par le biais de maisons d’édition ou en autoédition ?

Cela dépend. La monographie, Liverpool Connexion, les Rencontres et Karl & Nina l’ont été par des éditeurs. 

Les autres sont autoédités mais c’est une décision personnelle pour avoir une certaine liberté. 

Je ne cours pas après les maisons d’éditions car je recherche, surtout, une collaboration avec une maison qui saurait qu’elle a un auteur capable de lui fournir un roman par an… jusqu’à, a minima, 2025 !

>> Quelles sont les difficultés rencontrées pour se faire éditer ?

Personnellement, à chaque fois que j’ai été édité par une maison, je n’ai pas eu à la démarcher. Donc, je ne peux pas vraiment dire que j’ai eu des difficultés. 

Bien sûr, maintenant, étant autoéditée, sans relation avec des maisons d’édition, la difficulté majeure est d’être lue par le/la directrice de publication sans passer par les filtrages. 

La plus grande difficulté me connaissant : je ne sais pas me vendre…

Au niveau des couleurs et selon les fêtes oui, alors on anticipe quelques mois avant pour être prêtes.

>> Participes-tu à des salons littéraires tout au long de l’année ?

Avant 2018, oui, très régulièrement. Désormais, j’ai restreint un peu les salons. Je préfère largement les librairies, les médiathèques ou les conférences/tables rondes car c’est enrichissant au niveau des retours de lecture.

Pourtant, pour se faire repérer, il faut être visible…. Donc, salons…

Lisa Giraud Taylor à un salon en 2018

>> As-tu déjà eu une panne d’inspiration ? Comment les gères-tu ?

Jamais (croisons les doigts, merci !). Je n’ai jamais connu cela. Je connais uniquement ce que j’appelle « la préparation mentale du prochain »…  C’est une période pendant laquelle le roman se monte, s’agence et s’emboite dans mon cerveau… Cela peut durer un mois, deux, cinq, mais je ne perds jamais l’inspiration.

Une confidence ? J’ai 3 idées qui suivent le roman en gestation pour 2025… (on atteindra donc 2027…)

>> Que t’apporte ton métier d’auteur au quotidien ?

Une bulle d’air. Une possibilité de laisser mon cerveau s’amuser.

Et les échanges avec les lecteurs, les discussions, les demandes d’explications, etc. 

Les relations humaines, donc !

>> Quelle est ta plus belle réussite ?

Continuer à publier, à inventer des personnages et à toucher le cœur de mes lecteurs.

Du côté roman, pour l’instant, le triptyque est une belle réussite car il est exactement comme je l’avais imaginé, il y a des années !

Triptyque : Karl et Nina, Ein Brera, La Chute de Jan

>> Quelles sont tes activités littéraires annexes ?

Je publie des podcasts hebdomadaires qui parlent de littérature, de vie d’auteur, de musique, de cinéma, etc.

J’anime aussi ma chaîne YouTube quasiment que livresque, avec une vidéo par semaine… qui va de mes achats, à mes favoris du mois, en passant par les TAG, les points lecture romans et livres d’Histoire.

Je participe de temps à temps à des rencontres d’auteurs/public.

Et j’écris des articles pour mon blog, mon site, et quelque fois, par manque de temps souvent, des chroniques musicales pour Lords of Rock (que j’aime d’amour !).

Merci infiniment Lisa d’avoir pris le temps de répondre à toutes nos questions. Nous attendons tes prochains romans avec impatience.

Connaissiez-vous cet auteur ? Avez-vous lu l’un de ses livres ? Le(s)quel(s) ? Vous êtes curieux et souhaitez plonger dans son univers ? Retrouvez-la sur :

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